LA TRIADE DE BASE : PULSATION - RYTHME - MÉLODIE

Dans un premier temps, il est important de définir clairement les termes pulsation, rythme et mélodie. Car, si ces notions semblent évidentes, il subsiste néanmoins une certaine difficulté à trouver une définition unique et définitive, surtout en ce qui concerne la pulsation.

Le rythme introduit donc la notion de temps, de durée. Il est le déroulement horizontal des évènements qui forment un cycle et se répète irrégulièrement ou régulièrement. Le rythme est une perception consciente ou subconsciente d'un rapport de temps dans la succession des points d'appui. Nous percevons une structure (pattern en anglais) qui revient sous forme de cycle périodique et qui est sans cesse en mouvement.

La mélodie introduit la notion d'espace. Elle est l'aspect vertical qui nous tire vers le haut. Dans le cadre de la musique occidentale, la mélodie répond à certaines caractéristiques : d'abord, elle est une forme, une structure globale non réductible à l'addition des éléments qui la composent. Ensuite, la mélodie occidentale est supposée être «logique» et significative, c'est à dire identifiable et mémorisable.

Rythme et mélodie forment le binôme illustrant parfaitement la dualité dans notre corps et de notre monde en général.

Un troisième élément est nécessaire afin de cesser ce combat en nous, ce perpétuel balancement entre émotion et mental, et c'est la pulsation qui va être le paramètre unificateur, l'élément «neutre» qui vous éclaire sur la situation et vous permet de prendre la bonne décision.

Comme je l'ai dit plus haut, les définitions de la pulsation sont pour la plupart, soit incompréhensibles, soit incomplètes ou encore erronées. Tout d'abord, il n'y a qu'une seule pulsation, la pulsation de la musique ! Et, la pulsation n'a rien à voir avec le tempo ou le rythme. La définition qui se rapproche le plus de ma conception de la pulsation sans être toutefois exacte est celle du dictionnaire Larousse : «En musique, mouvement et sensation qui naissent de la succession régulière ou irrégulière des temps forts et des temps faibles.» C'est une sensation liée aux temps forts et temps faibles, c'est vrai mais le coeur de la pulsation reste le silence ou la profondeur. C’est un temps «vide» durant lequel nous pouvons accéder à notre élan vital, notre impulsion première qui va transformer l’équilibre en harmonie.

Pulsation, rythme et mélodie forment un parfait triangle qui contient toute l'harmonie de notre être.

 

Particularités et fondements de la méthode.

La prépondérance du Trois.

La première particularité sur laquelle est fondée la méthode P.R.M est la prédominance du chiffre trois et de toutes ces déclinaisons. Tout d'abord, le triangle est la forme géométrique la plus solide. D'un point de vue humain, toutes nos actions fondamentales sont basées sur le
chiffre trois. La respiration lors du sommeil se fait en trois étapes : inspiration, expiration, temps d'apnée, à l'opposé de la respiration en état d'éveil qui se fait sur deux étapes (inspiration, expiration). Nos cycles biologiques sont aussi tripartites : journée découpée en trois parties et trois repas (matin, midi et soir), le cycle menstruel avec ses trois phases (phase menstruelle du 1er au 6e jour ; phase folliculaire du 7e au 15e jour et la phase lutéale du 16e au 30e jour). Le cycle de la vie est formé de trois étapes (jeunesse, âge adulte et vieillesse) ou plus globalement : naissance, vie et mort.

D'un point de vue musical, les trois fondamentaux sont requis pour que le son naisse et existe.

Je traite ces trois paramètres dans chacun de mes ateliers, séparément d'abord puis reliés les uns aux autres. Dans mes cinq ateliers, la pulsation est le paramètre qui met en relief chaque partie du corps traité et les relie. La pulsation fait apparaître le rythme et la mélodie plus intensément, plus intérieurement. J'ai essayé de construire la plupart des exercices de la méthode P.R.M sur l'impair.

Dans l'atelier corps en mouvement, les séries de mouvements sont en nombres impairs (3,5,7) car le corps est lui même asymétrique. Dans l'atelier instruments, le choix des instruments est par groupe de trois ou cinq et la structure des pièces musicales est en trois parties. Dans l'atelier voix, la respiration abdominale est privilégiée, car c'est un type de respiration qui s'apparente à la respiration du sommeil, avec un temps d'apnée. Dans l'atelier création de chanson, la structure d'une chanson en trois ou cinq couplets plus un refrain constitue une forme harmonieuse et complète. C'est dans l'atelier Improvisation que le trois s'exprime le mieux. J'ai remarqué en effet, que lorsqu'une totale liberté est accordée, le trois et le ternaire surgissent naturellement ! Sans aucune indication ni directive de ma part, le ou la participant (te) crée en ternaire. Il semblerait donc que le mouvement du trois soit instinctif et authentique.

 

La pulsation-respiration de la terre.

La pulsation est la seconde particularité et le fondement principal de ma méthode. L'origine de la pulsation est à rechercher à la source, c'est à dire la planète Terre et sa naissance : le «big bang». La Terre, comme les autres planètes formées ainsi que notre soleil (étoile) est constituée d'une énorme masse de matière «vivante» en perpétuel changement et mouvement. Cette gigantesque explosion a produit un son qui est la pulsation de l'univers et donc de notre planète Terre. Je vous invite donc à cliquer sur le lien suivant afin de pouvoir entendre le son ou la pulsation de l'univers ! The Sound of the Big Bang
Si l'univers a un son, une pulsation, une respiration, nous pouvons dire que toute matière possède sa propre pulsation, l'univers, la Terre et bien sûr l'Homme. La pulsation du corps se reflète dans l'expression artistique de l'Homme la plus universelle : la musique !

Si la pulsation est théorisée dans la musique écrite, elle n'en reste pas moins absente et vous ne trouverez jamais la pulsation transcrite sur une partition, sauf si elle est à but pédagogique, auquel cas, elle est inscrite à la main par le professeur ou le musicien lui même. Mais j'ai remarqué, dans mes cours d'instrument ou de chant, que lorsque mon élève a une difficulté d'interprétation, je passe à la «pulsation» et là, tout s'éclaire pour l'élève. En d'autres termes, si l'élève prend conscience que la musique est mue par la pulsation et non par le rythme ou la mélodie, l'interprétation devient facile, évidente, et surtout vivante ! La pulsation sert donc à comprendre comment la musique «avance», c'est à dire comment le temps est découpé et comment le rythme s'articule.